Actus et Communiqués de Presse

28/11/2013

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Novembre 2013

Un mois avant Noël : les Français envisagent de contracter leurs dépenses pour les fêtes

Tendanciellement en baisse depuis l’été, la consommation des ménages ne devrait pas repartir significativement en cette fin d’année : les Français ne souhaitent ni consommer davantage au cours des mois à venir (la tendance étant majoritairement à la baisse), ni profiter particulièrement des fêtes de fin d’année. Au contraire, une courte majorité (53 %) de Français envisagent de réduire leurs dépenses de Noël cette année, selon des proportions croissantes par rapport à l’année dernière. Un climat d’anxiété qui apparaît lourd de menaces pour l’économie comme pour le climat social :

  • Car il risque de pénaliser les ventes des entreprises ;
  • Car il entre en résonance avec le climat de tensions contre la fiscalité, alors que la hausse de la TVA est attendue pour le 1er janvier ;
  • Car il rend d’autant plus ardu l’objectif que s’est fixé Jean-Marc Ayrault en ambitionnant une grande réforme fiscale accentuant la progressivité de la fiscalité en France : si l’objectif d’une plus grande justice fiscale est plutôt consensuel, les négociations à venir devront prendre en compte un contexte très sensible en matière de pouvoir d’achat.

Craintes persistantes en matière de pouvoir d’achat

Les inquiétudes liées au pouvoir d’achat demeurent stables en novembre, à un niveau élevé :

  • Une large majorité (63 %) de Français continuent à anticiper une baisse de leur pouvoir d’achat, dont un quart (23 %) une forte baisse ;
  • Ces inquiétudes sont alimentées par les craintes liées à la fiscalité, à un mois de la hausse de TVA décidée fin 2012 dans le cadre du Pacte de compétitivité (de 19,6 % à 20 % pour le taux normal, de 7 à 10 % pour le taux intermédiaire).

Ainsi les impôts arrivent largement en tête des dépenses jugées "préoccupantes" avec 52 % de citations (-2 points). À l’inverse, les autres dépenses majeures (alimentation, énergie, logement) sont moins citées compte tenu notamment d’une conjoncture faiblement inflationniste.

Une consommation atone qui ne devrait pas beaucoup profiter de la période des fêtes

Dans un contexte de fortes difficultés en matière de pouvoir d’achat, et alors que le climat social s’est détérioré ces derniers mois, les intentions de dépenses des Français pour cette fin d’année fléchissent logiquement :

  • Près d’un sur deux (52 %) envisage dans les trois prochains mois de "dépenser moins d’argent" que ces derniers mois. À l’inverse seuls 9 % des ménages souhaitent dépenser plus d’argent.
  • Et cette tendance baissière ne devrait pas épargner la période des fêtes, les Français étant dans des proportions comparables (53 %, +11 points en un an) prêts à dépenser moins d’argent "pour les fêtes de fin d’année".

Dans le détail, ce sont les dépenses de vacances (transports, locations) et de repas ou boissons qui devraient être les pus pénalisées par ces restrictions, les cadeaux étant plus épargnés : seuls 38 % des personnes interrogées envisagent de limiter leurs dépenses de cadeaux, contre 51 % pour les repas et 58 % pour les dépenses de vacances.

Les "réserves" des ménages épuisées ?

Signe de ces temps difficiles, enfin, la part des Français déclarant ne pas mettre d’argent de côté chaque mois progresse : ils sont aujourd’hui 31 %, contre 26 % en juin dernier. Des données qui expliquent, d’une part, la baisse de la consommation alors que les "réserves" des ménages ont été largement entamées par cinq années de crise. Et qui alimentent d’autre part un climat social préoccupant, caractérisé par une part de "poujadisme" fiscal.

Quelles marges de manœuvre pour réformer la fiscalité ?

En réaction à ces menaces, le Premier ministre a décidé de lancer avec les partenaires sociaux une grande réforme fiscale plutôt inattendue à ce stade, même si elle était demandée par une partie de la majorité et faisait partie des engagements de campagne de François Hollande. Un engagement qui peut paraître judicieux, tant le souhait d’une meilleure justice fiscale est souhaité par l’opinion. Toutefois, si la fiscalité satisfait peu de monde aujourd’hui, il n’est pas certain que la conjoncture actuelle aide à la réformer en profondeur. Ce sera l’un des enjeux majeurs de 2014, pour l’exécutif comme pour les Français.

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