Actus et Communiqués de Presse

27/09/2012

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Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français - Septembre 2012

Hausse spectaculaire du pessimisme en matière de pouvoir d’achat

Les inquiétudes en matière de pouvoir d’achat connaissent une forte progression : désormais une majorité de Français (53 %) anticipent une dégradation de leur pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois, soit une hausse majeure de 7 points en un mois et de 17 points depuis mai. Cette évolution spectaculaire s’explique par le climat d’austérité à la fois actuel et anticipé : après deux plans de rigueur en 2011, et alors que le climat économique est très fortement dégradé – et donc peu propice à l’augmentation des revenus – , les ménages anticipent une nouvelle augmentation de leurs dépenses contraintes à court terme.

Forte progression des inquiétudes concernant la fiscalité et le prix du gaz Deux postes de dépenses préoccupent de plus en plus les ménages dans le contexte actuel : la fiscalité, citée par 37 % des personnes interrogées (+6), et le prix du gaz, par 25 % (+6). Ces évolutions font écho à deux annonces récentes : l’augmentation de 20 milliards d’euros de prélèvements obligatoires supplémentaires pour 2013, et l’augmentation du prix du gaz de 2 % au 1er octobre (mais qui pourrait être suivie d’une nouvelle hausse début 2013).

 Qui plus est, ces contraintes budgétaires croissantes pour les ménages interviennent alors que les principaux postes de dépenses restent établis à des niveaux élevés :

  • L’essence demeure à un prix élevé malgré une baisse des taxes de 3 centimes par litre décidée à la fin du mois d’août, et demeure une préoccupation majeure pour 41 % des Français (+1) ;
  • L’alimentation apparaît toujours en tête des dépenses les plus préoccupantes (citée par 45 % des personnes interrogées, +4).

Ainsi la forte hausse des inquiétudes sur le pouvoir d’achat est la conséquence de trois préoccupations concrètes majeures pour les ménages, notamment les plus modestes, et qui se conjuguent depuis plusieurs mois : dépenses croissantes (fiscalité, gaz), dépenses stabilisées à un niveau élevé (énergie, logement), et stagnation des salaires en raison d’une activité ralentie de l’économie.

Contractions des intentions de consommation et d’épargne Cette nouvelle dégradation des perspectives en matière de pouvoir d’achat devrait générer une contraction de la consommation et de l’épargne : - 38 % des Français envisagent dans les trois prochains mois de "dépenser moins d’argent que ces derniers mois" (+4), dont 42 % des employés et 45 % des ouvriers ; Ainsi, et alors que la consommation des Français s’était relativement maintenue depuis le début de la crise, celle-ci pourrait se contracter au deuxième semestre 2012 en raison de la perte anticipée de pouvoir d’achat ;

  • 33 % des personnes interrogées envisagent par ailleurs de "mettre moins d’argent de côté" (+4) ;
  • Enfin les intentions d’achat immobilier s’établissent également à un niveau bas puisque 3 % seulement envisagent d’acheter une maison ou un appartement au cours des prochains mois (-1).

Cette situation globale apparaît singulièrement difficile pour les ménages en cette rentrée 2012, et constitue un défi pour le gouvernement, à l’heure où celui-ci fixe les derniers arbitrages pour le budget 2013.

Dans ce contexte sous tensions : le relèvement bienvenu des plafonds du livret A et du livret développement durable (LDD) En regard de ce contexte difficile, le relèvement des plafonds du livret A et du livret développement durable (LDD, ex-codevi) pour le 1er octobre constitue une opportunité (même si cette augmentation n’est que de 25 % (de 15 300 € à 19 125 €), à distance pour l’instant du doublement initialement annoncé). De manière générale, les Français sont toujours attachés à ces placements réglementés, défiscalisés et sans risques. Et concrètement 28 % d’entre eux jugent que le relèvement du plafond pourrait les inciter à épargner davantage sur un livret A ou un livret développement durable, dont 9 % "tout à fait". Parmi les catégories de population les plus intéressées figurent notamment les plus jeunes (51 % des 18-24 ans) et les professions intermédiaires (33 %).