Actus et Communiqués de Presse

29/01/2015

Partager :
Partager sur LinkedIn

Un plan de grande ampleur pour relancer l’économie

BCE_300x200
La Banque centrale européenne a annoncé, jeudi 22 janvier 2015, un programme d’assouplissement quantitatif (ou quantitative easing) d’un montant de 1 140 milliards d’euros

Cette mesure prendra la forme d’un rachat de titres de dette de 60 milliards d'euros par mois de mars 2015 à fin septembre 2016. La BCE a d’ores et déjà indiqué qu’elle entend prolonger la durée du programme, si besoin.

Face à l’accueil très positif du marché, Daniel Karyotis, directeur général et membre du directoire du Groupe BPCE en charge des finances rappelle que "ce dispositif est perçu comme un outil permettant de gérer plus efficacement les crises potentielles. C’est une arme que la BCE se refusait de mettre en œuvre jusqu’ici. L’Europe n’avait pas souhaité ou pu mettre en place un tel dispositif en 2011 (contrairement à la Fed) alors que le FMI y était favorable. C’est un symbole politique fort de la part de la BCE. Elle entend ainsi démontrer qu’elle dispose d’une force de frappe identique à celle de la FED".

Dans une interview accordée à l’AFP le 25 janvier 2015, Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis s’interroge toutefois sur l’efficacité de la mesure : y aura-t-il suffisamment de vendeurs de titres pour faciliter l’action de la BCE ? D’après l’économiste, une proportion non négligeable des titres susceptibles d’être rachetés par la BCE (de l’ordre de 50 %) est détenue en dehors de la zone euro principalement par des banques centrales et des fonds souverains qui utilisent la dette publique de la zone euro comme réserves. Le solde se trouve dans les mains des banques, des assureurs, des fonds de pensions ou des caisses de retraites. Ces derniers acteurs, contraints par leurs règlementations respectives, n’auront pas forcément la possibilité de se séparer de leurs titres.

Du côté des banques commerciales européennes, qui ont intérêt à disposer d’une banque centrale aux pouvoirs élargis et plus forte, il est primordial d’accompagner les mesures de la BCE. Les banques doivent – et vont - faciliter la mise en œuvre de ce programme. Plusieurs facteurs sont toutefois susceptibles d’atténuer son effet. D’une part, les banques sont contraintes par des règles comptables (IFRS) les obligeant à mettre sur le marché, sous réserve de l’autorisation du régulateur, l’intégralité d’un portefeuille de titres en une seule fois. Cette obligation résulte d’un choix comptable, celui de classer les titres acquis en titres d’investissement – et non en titres de placement - pour éviter une comptabilisation à la valeur de marché (mark-to-market) et une volatilité trop importante.
D’autre part, le besoin croissant de réserves de liquidité des banques pour répondre aux exigences règlementaires (LCR) limite les initiatives. Les titres souverains ne bénéficient d’aucune décote dans le calcul du LCR contrairement aux titres corporate (soumis à une décote de 50 %).